dimanche 25 février 2007

La laïcité

Mon ami,
Votre candidat nous explique que le contrat social qui fait vivre notre pays serait la laïcité. Mais qu’est-ce que cette sacro-sainte laïcité qu’on ne cesse de nous présenter comme allant de soi ? Bien évidemment, peu de gens ont aujourd’hui de souvenirs personnels de l’année 1905, date à laquelle elle fut imposée au pays par la force des baïonnettes.

Son origine n’est pas le résultat d’une démarche permettant l’amélioration du « vivre ensemble », pour reprendre une expression à la mode. A l’époque, en France, presque tout le monde se disait catholique, et il n’y avait pas de communautarisme. Il n’y avait pas de ghettos athées ou protestants, et reléguer officiellement le culte divin à la sphère privée avait peu d’impact sur le caractère public de ce culte dès lors que quasiment toute la population du pays y participait.
La finalité de cette loi de 1905 était bien de s’attaquer au cléricalisme. Il s’agit exactement de l’origine historique de ce qu’on pourrait appeler, en France, la gauche, si tenté qu’on veuille distinguer une droite d’une gauche. En réalité, l’Eglise a toujours lutté contre cette vision de la laïcité, y compris après le concile Vatican II, même si elle l’a alors fait en des termes plus nuancés. Notez bien que les propos de Benoît XVI sont, eux, à cet égard, de moins en moins nuancés. Certes, certains évêques, surtout en France, se sont prononcés pour la laïcité à la française. Mais comme je vous le disais à propos de l’immigration, leur attitude est issue de l’idéologie moderniste, qui a été condamnée par l’Eglise. On pourrait simplifier cette situation en disant que ces évêques sont la première génération (et très certainement la dernière) de prélats de gauche. Leur modèle de civilisation ne correspond plus à celui qui avait été prôné par Jésus-Christ, et que les Chrétiens se sont toujours appliqués à mettre en place ou à conserver, parfois même au prix du martyr. Pour ne pas s’opposer à la puissance de l’Etat, ces évêques se sont embourgeoisés, et ont préféré fermer les yeux sur un certain nombre de principes moraux plutôt que de perdre leurs avantages matériels. Ne vous y trompez pas, l’embourgeoisement, c’est-à-dire le fait de privilégier le confort matériel (pour soi-même ou pour toute la population) à d’autres idéaux, est bien le résultat d’un état d’esprit de gauche.
En réalité, une société de droite n’est pas anti-religieuse, même dans un régime républicain.
Mais voici que votre candidat veut remettre en cause les principes de 1905. S’il s’agissait de rendre à l’Eglise ce qu’elle avait bâti depuis des siècle et qui lui fut alors confisqué, cela serait bien allé dans le sens d’une remise en question des principes de gauche qu’on nous présente aujourd’hui comme allant de soi. Mais son dessein est bien différent, et il ne s’en cache nullement. Cette loi a en réalité si bien rempli son rôle contre l’Eglise qu’elle est devenue aujourd’hui caduque. L’Eglise ne cherche plus à demander une coopération étatique et a appris à vivre de manière quasi clandestine, comme aux premiers siècles. M. Sarkozy explique bien que son but est de renforcer l’islam dans notre pays, sous prétexte que cette religion n’aurait pas hérité, en France, des mêmes moyens que les religions chrétiennes, puisqu’elle n’y est pas implantée depuis aussi longtemps.
Finalement, il résout le dilemme de la gauche, divisée entre les deux voies possibles pour affaiblir le christianisme : la laïcité ou l’expansion de l’islam. Il avoue bien tranquillement qu’il faut continuer à lutter contre les avantages du christianisme tout en réformant la loi pour permettre l’expansion de l’islam. Même les socialistes n’auraient pas osé aller si loin !
Vous vous demanderez sans doute pourquoi M. Sarkozy cherche, coûte que coûte, à islamiser la France. Il avoue ne connaître l’islam que depuis peu, grâces aux rencontres qu’il a faites dans le cadre de la création du Conseil français du culte musulman. Mais les musulmans qui ont accepté d’y participer ne sont pas du tout représentatifs de l’islam. Dalli Boubaker le reconnaît lui-même de manière indirecte, lorsqu’il condamne les comportements de ceux qu’il désigne comme des extrémistes, alors que ces comportements sont ceux pratiqués par le fondateur même de l’islam. Au résultat, M. Sarkozy a eu la perception que les musulmans sont « tolérants et pacifistes »*, « d’origine étrangère mais d’esprit profondément français »*. C’est un peu comme si l’on avait jugé, en 1975, les Khmers rouges tolérants et pacifistes en discutant, lors d’un cocktail dans un lieu branché, avec le rédacteur en chef du Monde diplomatique !
Pour votre candidat, un musulman est un citoyen comme un autre. Et pourtant, il dit ne pas comprendre la montée de la violence dans les banlieues, qu’on ne peut que constater. Pour lui, la seule solution consiste à dépenser de l’énergie pour « préciser, rectifier, convaincre et au final essayer d’avancer »*. Mais comme toujours, votre candidat parle d’action sans dire exactement où il veut aller ! Son idéologie lui interdit de reconnaître que le fondement de cette violence est contenu dans l’islam lui-même, sans qu’il n’y ait la moindre dérive d’interprétation puisqu’il ne s’agit que de reproduire le comportement de son fondateur. La société altruiste à laquelle il aspire est celle issue du christianisme. Jamais l’islam n’en a été le promoteur, et toute tentative de révisionnisme de la part des thuriféraires d’un islam doit-de-l’hommiste n’y changeront rien.

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